Catherine Crohin
Sophrologie à Perpignan

Le stress

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Une perception positive de notre stress

Un événement stressant apparaît et de suite notre cœur s’emballe, il nous arrive de devenir tout rouge, d’avoir les mains moites, l’envie d’aller aux toilettes, notre cerveau

a détecté une menace et déclenche l’alarme pour mettre tout notre système de défenses naturelles prêt à répondre à cet événement.

 

En 1925, l’endocrinologue Hans Selye, a donné la définition suivante à propos du stress : « un ensemble de réponses physiologiques et psychologiques mis en œuvre par l’organisme pour maintenir l’équilibre en son milieu intérieur, l’homéostasie, c’est-à-dire la constance ou la stabilité des paramètres de l’organisme tels que la température corporelle, le taux de glucose, etc. »

A partir de cette définition, on peut considérer que le stress est une réaction normale pour la survie de l’espèce, un mécanisme d’adaptation de l’organisme face aux changements et contraintes de l’existence.

 

Ces réactions permettent au corps de s’adapter rapidement, d’optimiser les performances physiques et cognitives, et quand la situation prend fin, les symptômes diminuent, le corps retrouve son équilibre.

Dans certains cas le stress devient délétère pour le corps lorsque la personne doit faire face à des situations « stressantes » chroniques qui se prolongent dans la durée, avec une perception pour le sujet de manquer de ressources pour y faire face. L’organisme s’installe alors dans un système d’alerte permanent et se fatigue avec un risque de basculer vers un burn-out ou une maladie.

 

Hans Selye nous explique qu’il est possible de transformer un stress défavorable en stress positif en développant ses compétences ; par exemple, nous pouvons apprendre à reconnaître les manifestations négatives du stress (signes physiologiques, les sensations, les émotions et comportements) qu’il provoque afin d’agir dessus.

 

Les apports de la sophrologie

Le niveau de stress dépend dont la personne perçoit la situation et de sa capacité à s’y adapter ; notre perception va dépendre de plusieurs éléments (nos ressources, nos croyances, notre état mentale et physique, nos expériences passées).

La sophrologie peut nous aider à développer une perception plus positive de ce phénomène « le stress » en développant nos capacités d’adaptation et d’action.

 

Nous apprenons à mettre une distance entre nous et le stress, prendre du recul, reconnaître les émotions désagréables et en diminuer l’intensité si nécessaire, changer notre perception des événements (accepter ce que nous ne pouvons pas changer, lâcher-prise) à ce stade c’est peut-être prendre conscience d’un discours négatif, puis s’orienter vers ce que nous voulons, chercher les solutions possibles et enfin de passer à l’action en restant en cohérence avec nous-même.  

 

Développer des capacités d’adaptation ne veut pas dire, se résigner à vivre une situation coûte que coûte, au contraire ce sera d’apprendre à mieux nous connaître, c’est-à-dire cerner nos besoins, développer la confiance en notre potentiel mais aussi écouter nos limites ; un stress chronique qui s’inscrit dans la durée et même si il est choisi reste délétère pour notre santé physique et mentale, il est donc préférable pour prévenir le burn-out ou la maladie de bien se connaître de poser des objectifs respectueux de nos limites, c’est alors une nouvelle capacité qui va se développer, la confiance en nous-même.

 

La sophrologie va amener pas à pas une possibilité de rééquilibrer le corps et le mental en activant le système nerveux parasympathique qui est le frein du stress, la fréquence cardiaque ainsi que la tension artérielle vont diminuer, la respiration devient plus calme et profonde, les pensées parasites diminuent. Ce qui favorise une activation des capacités (mémoire, concentration, prise de recul, créativité…).

L’organisme s’installe dans une phase de récupération et les défenses immunitaires augmentent de manière significative.

 

Un facteur important dans la gestion du stress : la perception des symptômes du stress

Il est classique de dire qu’il faut s’inquiéter des symptômes habituels du stress comme l’accélération du rythme cardiaque, les petits tremblements, une certaine tonicité musculaire et globalement le niveau d’excitation générale. On dit en général qu’il faut écouter ces signes d’alerte afin de réduire son activité et se calmer, dans un objectif de prévention de santé physique et mentale, et notamment de prévention du burn-out.

* La peur de ses symptômes

Notre façon de réagir au stress dépend de très nombreux facteurs, dont notre façon d’interpréter ces indices physiques : si le fait d’être à l’écoute de son corps est souvent utile, les personnes qui redoutent leurs symptômes risquent d’entrer dans une spirale négative qui accentue les émotions délétères, et notamment la spirale de la peur qui aboutit par exemple aux crises d’angoisses.

* Des symptômes parfois à considérer

Le sujet n’est pas simple, car tout dépend des causes de cette excitation : quand celle-ci survient lors d’un travail qui nous pèse, en situation de harcèlement, et associé à des émotions perturbatrices (colère, anxiété, découragement, …), ces symptômes sont effectivement des signes d’alerte qui doivent nous inviter à reconsidérer notre charge de travail, ou même notre travail tout court.

* Des symptômes parfois positifs

Par contre, quand les signes physiologiques de stress se manifestent lors d’un travail dans lequel nous nous sentons bien et efficace, et qui est en relation avec le sens que l’on souhaite donner à notre vie, nous vivons alors ce qu’on appelle en psychologie positive l’état de flow dont on a pu établir les bénéfices pour la santé1.

 

La première conclusion est qu’il ne faut pas systématiquement considérer les indicateurs de stress comme négatifs, et les craindre. Une nouvelle étude va dans ce sens2.

Cette étude montre que la façon de considérer son excitation ou son stress comme un état positif influence positivement l'attention, la performance, et même la santé. Plusieurs équipes de chercheurs de l’Université de Rochester, de l’Université de Californie, et de Harvard, avaient déjà montré que considérer autrement les différents symptômes du stress améliorent non seulement notre performance mentale mais aussi notre santé physique avec notamment une réponse cardio-vasculaire bénéfique.

La pratique de la sophrologie nous aide à développer une perception différente à la fois du stress et de ses manifestations et en développant une écoute du corps attentive nous pourrons donc utiliser le stress comme un levier positif pour mieux traverser cette période, et peut être même développer une vision plus positive de ces événements, du monde et de nous-même.

 

 

 1 Szczyszczenkmihaly : Vivre. Ed R. Laffont.

2 Psychological Science DOI: 10.1177/0963721412461500

Improving Acute Stress Responses : The Power of Reappraisal

 

 

 

 


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